On pourrait croire qu’un film se rate le jour du tournage : mauvaise lumière, problème technique, réalisation qui ne fonctionne pas…
En réalité, beaucoup de projets sont déjà mal partis avant même que quelqu’un appuie sur REC.
Mauvaise cible, trop de messages, diffusion oubliée, validations tardives… Voici 7 erreurs à éviter avant de lancer une production audiovisuelle.
Un film ne peut pas parler efficacement à tout le monde.
Nous avons déjà travaillé sur un projet destiné aux jeunes… qui devait aussi absolument plaire aux actionnaires. À chaque décision créative, la même question revenait : à qui parle-t-on vraiment ?
Il faut parfois accepter qu’un film pensé pour votre cible ne soit pas exactement celui que vous auriez choisi pour vous-même.
Avant de commencer, deux questions doivent donc être claires : qu’est-ce que ce film doit accomplir, et auprès de qui ?
Présenter la marque, son histoire, le produit, les engagements RSE, interviewer le fondateur, recruter et vendre…
À force de vouloir tout dire, plus rien ne ressort vraiment.
Mieux vaut parfois imaginer plusieurs contenus avec des objectifs précis qu’un seul film censé tout accomplir.
Un bon film fait des choix. C’est aussi tout l’intérêt de commencer par un brief audiovisuel clair.
Produire un superbe film qui n’est presque jamais vu reste un problème.
La diffusion doit donc être pensée avant le tournage : réseaux sociaux, paid media, télévision, cinéma, événement, CRM, force commerciale…
Mais surtout : qui doit réellement voir le film ?
Il ne faut pas confondre les personnes qui financent ou valident la communication avec celles auxquelles elle est destinée.
Avant de produire, il faut savoir comment le film va rencontrer son public.
Concept validé. Script validé. Storyboard validé. Tournage terminé.
Puis, quelques jours avant la livraison, une nouvelle personne découvre le projet et remet le concept en question.
Pour éviter cette situation, il faut définir dès la préproduction qui valide quoi et à quel moment.
Si quelqu’un a le pouvoir de remettre le projet en question, cette personne doit intervenir suffisamment tôt. Une fois une étape validée, le projet doit pouvoir avancer.
« Au fait, il nous faudrait aussi une version 9:16. »
Un format vertical n’est pas simplement un film horizontal auquel on coupe les côtés.
Le ratio influence le cadre, les mouvements de caméra, la position des personnages, les décors, les incrustations et parfois même la mise en scène.
Il est parfaitement possible de concevoir une production pour du 16:9, 9:16, 1:1 et différentes déclinaisons sociales.
Mais il faut l’anticiper.
Les formats font partie de la conception du film, pas uniquement de son export.
Nous avons tous nos préférences. Mais elles ne correspondent pas nécessairement aux attentes du public.
Pour certains projets, une production de film de marque très cinématographique sera pertinente. Pour d’autres contenus, notamment sur les réseaux sociaux, une image plus brute ou même tournée au smartphone peut être plus juste.
La bonne question n’est donc pas seulement :
« Est-ce que j’aime ce film ? »
Mais plutôt :
« Est-ce qu’il parle aux personnes auxquelles il est destiné ? »
La deadline approche, le concept est presque validé, le casting presque terminé… mais la date de tournage est bloquée.
Alors on tourne quand même.
C’est rarement une bonne idée.
Concept, script, storyboard, casting, décors, accessoires, planning, contraintes techniques, formats : plus on répond aux questions avant le tournage, moins on en découvre pendant.
Un plateau comportera toujours une part d’imprévu. Mais s’adapter à un imprévu n’est pas la même chose que découvrir qu’une décision essentielle n’a jamais été prise.
Quelques jours supplémentaires de préparation coûtent généralement beaucoup moins cher qu’une journée de tournage supplémentaire, et encore moins qu’un reshoot.
Une excellente caméra ne sauvera pas un mauvais objectif. Une belle réalisation ne corrigera pas une mauvaise cible. Et la postproduction ne peut pas réparer toutes les décisions qui n’ont pas été prises en amont.
Le tournage ne devrait pas être le moment où l’on découvre le film que l’on veut faire.
C’est le moment où toutes les décisions prises avant commencent enfin à devenir des images.