Les Portraits - Alix

October 6, 2026
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Les Portraits - Alix
Alix, Directeur de Production à L'Imagerie

Alix est Directeur de Production à L'Imagerie depuis deux ans et demi. Ancien fondateur d’une boîte de prod, passionné de montagne et de sports outdoor, il orchestre les tournages au quotidien, tout en gardant un œil sur la météo des Alpes.

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1 - Est-ce que tu as un premier souvenir lié à l’image ou à l’audiovisuel qui t’a donné envie d’en faire ton métier ?

Quans j'avais 15 ans, je faisais pas mal de longboard (skate de descente). Pour me filmer, j'empruntais le Canon 70D de mon père : je le calais dans un virage, je lançais l'enregistrement, puis je remontais la pente à pied avant de la dévaler. C'est comme ça que j'ai fait mes tout premiers cadrages et mon premier montage.
À l'époque, c'est en voyant un pote faire de la photo et de la vidéo avec son propre boîtier que j'ai eu le déclic. J'ai trouvé ça vraiment cool de pouvoir immortaliser ce qu'on faisait.

2 - Comment es-tu arrivé à la direction de production ?

Comme quasiment tout le monde qui se lance, j'ai commencé par tout faire tout seul : produire, écrire, réaliser, cadrer et monter.

J'ai d'abord créé ma propre boîte de prod avec un associé et je touchais à tout. En pratiquant, j'ai réalisé que la post-production ne m'épanouissait pas. Je ne prenais aucun plaisir à monter, je n'avais pas la patience d'apprendre de nouvelles techniques ni de regarder des tutos. Mon truc, c'est l'organisation et la gestion de projet.

Après une blessure à ski qui m’a empêché de travailler plusieurs mois, j'ai d’abord fait un remplacement chez L'Imagerie… puis j'ai été intégré à 100 % et j'ai définitivement abandonné mon activité d’avant.

3 - Concrètement, c’est quoi le rôle d’un directeur de production chez L’Imagerie ?

C'est d'être l'unique interlocuteur du client et de faire le lien avec toutes les parties prenantes : les équipes en interne et les prestataires externes.
On est un peu en haut de la pyramide pour coordonner tout le monde en parallèle et dispatcher le travail : s’assurer que le réal travaille le scénario, gérer l’équipe technique en tournage ou suivre les équipes en post-production.
On gère aussi toute l'organisation logistique des tournages : sourcing d'accessoires, casting, constitution des équipes…

Notre rôle principal est de veiller au bon déroulement du projet pour que le client ait un film dont il est satisfait, tout en respectant scrupuleusement le budget et le planning. Ce sont nous les garants de la qualité des livrables qui sortent.

4 - Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier, et, à l’inverse, qu’est-ce qui peut encore te faire transpirer sur une prod ?

Ce que j'aime le plus : Les prods exécutives pour des boîtes de prod étrangères. Organiser un gros tournage de A à Z, voir le plan se dérouler sans accroc le jour J et leur laisser la post-prod, c'est le bonheur parfait.

Mes sueurs froides : Le cauchemar de l'oubli sur le plateau. Vu ma mémoire très sélective, si je ne note pas un truc, il disparaît de mon cerveau.
Sinon, éplucher les magasins pour trouver des accessoires et rédiger des présentations pour les client sont mes punitions ultimes.

5 - Tu pratiques beaucoup d’activités outdoor : parapente, alpinisme, escalade… D’où te viennent ces passions et qu’est-ce qu’elles te permettent de ressentir ?

J’ai grandi à Saint-Sigismond, petit village où j’habite toujours, donc la montagne, c’est un peu toute ma vie !
J'aime les sports où il y a un petit frisson ( ski freeride, escalade, alpinisme, parapente, skate de descente...) et dans lesquels l'erreur peut avoir des conséquences importantes. Tu es obligé d'être concentré à 100 %.
Ça crée aussi des liens et des souvenirs gravés à jamais.

6 - Donc ça vaut le coup d’habiter un peu plus loin du travail ?

Avant de poursuivre votre lecture, vous devriez savoir qu’Alix est un adepte ultime des « Tu préfères », un exercice qu’il impose quotidiennement au reste de l’équipe :‍

Il y a un « Tu préfères » que je trouve assez parlant dans mon cas : « Tu préfères habiter à 15 minutes du boulot dans un endroit bof (genre Annecy), ou vivre au paradis mais te taper 1 heure de route tous les matins ? »
Mon choix a été vite fait : je fais la route sans hésiter !
Mon village est plein sud, j’y vois le Mont-Blanc et je suis à 10 minutes de mes pistes de ski. Je crois qu’il y a deux choses dont je ne me lasserai jamais dans la vie : le ski et la vue de chez moi.

7 - Parmi toutes tes aventures outdoor, laquelle t’a le plus marqué ?

L'ascension du Cervin en octobre 2025 avec mon ami Simon.
En tant que franco-suisse, le Cervin, c'était mon mythe absolu. On s'était toujours imaginé y aller en juin, en pleine saison, pour pouvoir suivre les guides et ne jamais perdre l’itinéraire.
Au final, on l'a fait hors saison : refuge fermé, remontées fermées, approche de 20 km en vélo électrique, réchaud dans le sac et beaucoup de neige sur la face. On était seuls au monde sur cette montagne mythique.
Au-delà de la partie sportive, ce sommet est venu concrétiser nos premières années d'entraînement et sceller notre amitié autour d’un moment vécu qu'on n'oubliera jamais.

Départ à 5 h du matin du refuge, 5 h 30 pour monter au sommet, 7 h 30 de descente pour retourner au refuge, puis 1 h de marche et 20 km de vélo pour arriver à 21 h à la voiture… et enfin 3 h de route pour rentrer au pays, sachant que je tournais le lendemain à Genève avec L’Imagerie…

8 - Pour finir, il y a un projet que tu rêves encore d’accomplir ? Et sinon, une petite phrase qui conclut bien cet échange ?

Côté montagne, mon fil conducteur reste de passer l'examen probatoire de Guide de Haute Montagne. Et sur ma liste de rêves se trouvent les 82 sommets de plus de 4 000 mètres des Alpes que j’espère parcourir ces prochaines années.

Et pour conclure, je dirais qu’au final, la montagne m'apporte cette rigueur que j'applique tous les jours en prod, et que la prod me donne l'équilibre nécessaire pour garder la montagne comme ma vraie bulle de liberté.
Bref, deux mondes qui se répondent plutôt bien !