Les Portraits - Tristan

September 17, 2026
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Les Portraits - Tristan
Tristan, Monteur & Sound Designer à L’Imagerie

Tristan est monteur et sound designer chez L’Imagerie depuis un peu plus de deux ans. En parallèle, il travaille en freelance sur des projets d’animation pour des créateurs YouTube anglophones. On a discuté de son parcours, de sa passion pour le montage et de son quotidien entre l’agence et sa coloc.

1. Quel est ton tout premier souvenir lié à l’image qui t’a donné envie d’en faire ton métier ?

Je pense que la première fois que j’ai fait du montage vidéo, c’était à partir d’une extension sur Google Photos. Il y avait un outil pour faire des petits montages automatiques, mais limité à 50 photos avec une musique générique. Ça m’a donné envie de trouver d’autres logiciels sur smartphone pour aller plus loin.
Comme je n’avais pas un très bon PC vers mes 17 ans, j’ai testé presque toutes les applis de montage sur téléphone. Je faisais des vidéos de vacances ou des montages entre potes pour créer des souvenirs. C’est vraiment ça qui m’a mis dedans.

Ce n’était pas vraiment prévu parce qu’à la base, je voulais devenir ingénieur automobile… mais c’était toujours mieux que huit heures de maths et de physique par semaine.

2. Quelle est la chose qui n’a rien à voir avec l’image qui te recharge le plus les batteries ?

La vie en colocation, sans hésiter. Ça permet de bien couper, de séparer les journées et d’éviter d’avoir l’impression que toute la semaine devient une seule grande journée monotone.
C’est de la vie sociale au quotidien et aussi une petite zone d’imprévisibilité : se poser à quatre ou cinq le soir pour discuter, jouer à des jeux vidéo collaboratifs ou à des jeux de société auxquels je perds presque immédiatement… En ce moment, celui auquel je préfère perdre c’est Les Aventuriers du Rail.

3. Où a-t-on le plus de chances de te retrouver pendant ton temps libre ?

Sur mon nouveau gravel ! Non, en vrai, s’il faut répondre 100 % honnêtement : sur mon ordinateur, dans ma chambre.
La porte de la coloc est toujours ouverte (jusqu’à ce qu’on se fasse inévitablement cambrioler un jour), mais je suis souvent enfermé dans ma chambre sur mon PC pour bosser ou jouer à Cities: Skylines.
Après, lorsque mon cou commence à me faire mal, c’est le signal que j’ai passé trop de temps dans ma posture « malveillante »… Et là, c’est le moment d’aller prendre l’air sur mon vélo.

4. Concrètement, comment expliquerais-tu ton rôle dans l’équipe de la façon la plus simple possible ?

En post-production, on est un peu comme le rat dans la fable Le Lion et le Rat de La Fontaine. On intervient tout à la fin : comme le petit rat qui vient ronger les mailles du filet pour libérer le lion, on est là pour démêler et sauver le projet de toutes les misères et les couacs de la pré-production et du tournage.
C’est une sorte de « seconde pré-production » où l’on forme la version définitive.

Et très concrètement, le son apporte une vraie couche de vie au montage. Mon rôle en mixage, c’est de m’assurer que le projet vive le mieux possible, avec des niveaux audio équilibrés, sans qu’aucun élément ne prenne le dessus sur un autre.

5. Comment arrives-tu à organiser ton temps entre tes deux activités sans te dégoûter du montage ?

Pour moi, le montage, c’est un bon moyen de rester dans mon monde toute la journée.
Au niveau de la répartition de mon travail, soit je me lève tôt le matin vers 6 h ou 6 h 30 pour avancer sur mon freelance, soit je travaille entre midi et deux, puis un peu le soir.
J’évite quand même le soir pour profiter de la coloc, qui me permet de bien couper et de garder un super équilibre.
En moyenne, je consacre quatre à cinq heures par jour à mon projet freelance.
Voilà, vous en savez un peu trop sur mon planning.

6. Quelle est l’étape de ton travail que le client ne voit jamais, mais qui change tout ?

Toutes les passes de vérification.
Exporter la vidéo et se refaire le film de deux à quatre minutes plusieurs fois de suite pour vérifier qu’il n’y a aucun bug, aucune mauvaise frame ni aucun problème audio. C’est très gourmand en énergie et en concentration.
Si le boulot est bien fait, le client ne remarque rien ; mais si c’est mal fait, ça saute aux yeux tout de suite.

7. Si un étudiant voulait faire exactement ton métier demain, quelle compétence devrait-il développer ?

Je pense que c’est la communication. Expliquer le workflow au client, lui faire comprendre la réalité des délais et des retouches. Et pas seulement avec le client, mais aussi avec le reste de l’équipe d’ailleurs.

Et puis l’ouverture aux avis extérieurs. Quoi qu’on fasse, on s’enferme naturellement dans son projet durant l’étape du montage. Donc accueillir le regard neuf de quelqu’un qui découvre la vidéo pour ensuite prendre en compte ses remarques, ça fait partie du montage. C’est comme ça qu’on avance et qu’on progresse.

8. Le petit mot de la fin ?

Rien de particulier, à part un petit merci à l’agence de me payer pour rester dans mon monde !
Je suis impatient de pouvoir me dégager du temps pour refaire du gravel bientôt. On peut finir sur cette note positive !

* Depuis l'enregistrement de cette interview, Tristan a effectué son premier bikepacking.