Le tournage est la partie la plus visible d’un film, mais il ne représente qu’une partie du travail. Avant que la caméra ne commence à tourner, il faut imaginer le projet, préparer le plateau et valider de nombreux choix. Après le tournage viennent encore le montage, l’étalonnage, le son ou les différentes déclinaisons.
Alors, où va réellement le budget d’un film de marque ou d’une production publicitaire ?
Il n’existe pas de répartition universelle. Selon les productions, la conception et la direction artistique peuvent représenter environ 3 à 10 % du budget, la préproduction 7 à 20 %, le tournage et le matériel 25 à 60 %, la logistique 3 à 15 %, la postproduction 15 à 45 % et la gestion de projet 6 à 12 %. Les droits et cessions, eux, varient fortement selon les projets.
Ces fourchettes ne s’additionnent évidemment pas : elles évoluent en fonction de la nature du film. Un projet en motion design concentrera davantage de budget sur la postproduction, tandis qu’un film avec plusieurs jours de tournage, des décors ou une équipe importante investira davantage dans la production.
Avant de produire des images, il faut déterminer ce que le film doit accomplir : lancer un produit, développer la notoriété d’une marque, accompagner une campagne, recruter ou simplement raconter une histoire.
Cette phase de conception et de direction artistique permet de définir le message, le ton, les canaux de diffusion et l’univers visuel du projet. Elle comprend notamment les échanges avec le client, la recherche créative, l’écriture et la création des premières références visuelles.
C’est aussi là qu’une grande partie de la valeur du film se construit. Une belle image ne suffit pas si elle ne raconte pas la bonne histoire.
Une fois l’idée définie, la pré-production la transforme en projet concret. Scénario, storyboard, repérages, casting, décors, stylisme, constitution des équipes ou encore découpage technique permettent d’anticiper au maximum ce qui se passera sur le plateau.
Sur certaines productions, une animatique permet même de simuler le film avant le tournage pour vérifier son rythme et sa durée. Le dossier PPM rassemble ensuite les principales décisions créatives et techniques afin que le client, la réalisation, la production et les chefs de poste partagent la même vision.
Les feuilles de service organisent enfin chaque journée : horaires, lieux, équipes, scènes, matériel, transports ou repas. Lorsque plusieurs dizaines de personnes travaillent ensemble, cette préparation est essentielle pour éviter retards et dépenses inutiles.
C’est évidemment la partie la plus visible. Selon l’ambition du film, un plateau peut réunir réalisateur, directeur de production, chef opérateur, assistants caméra, ingénieur du son, équipe lumière, machinerie, régie, stylisme, maquillage ou encore comédiens.
À cette équipe s’ajoutent les moyens techniques : caméras, optiques cinéma, lumière, son, machinerie et systèmes de mouvements de caméra. Le choix du matériel dépend avant tout du résultat recherché. Une configuration autour d’une RED V-Raptor et d’optiques cinéma, par exemple, implique davantage d’accessoires, de préparation et parfois de techniciens qu’un dispositif plus léger.
L’enjeu n’est donc pas d’utiliser le matériel le plus coûteux, mais celui qui permet de fabriquer les images dont le projet a réellement besoin.
Transport du matériel, déplacements des équipes, hôtels, trains ou avions, péages, repas, catering, véhicules de régie… La logistique est rarement visible à l’écran, mais elle peut rapidement représenter une part significative du budget.
Son poids dépend surtout du nombre de personnes mobilisées, de la durée du tournage et de sa localisation. En tant qu’ agence de production audiovisuelle basée à Annecy, nous nous déplaçons régulièrement avec nos équipes et notre matériel en France comme en Suisse.
Lorsque le tournage se termine, le travail est loin d’être terminé. Dérushage, montage, étalonnage, sound design, mixage, motion design, VFX, retouches, voix off, sous-titres et déclinaisons peuvent représenter plusieurs jours ou plusieurs semaines de travail.
Deux films de 30 secondes peuvent ainsi demander des temps de post-production radicalement différents. Un montage relativement simple n’aura pas les mêmes besoins qu’un film reposant sur des effets visuels, de la 3D ou un travail sonore poussé.
C’est pendant cette étape que les images tournées deviennent véritablement un film. Notre post-production réalisée en interne couvre notamment le montage, l’étalonnage, le sound design, les VFX et l’animation 2D et 3D jusqu’à la livraison.
Tout au long de la production, il faut également coordonner les équipes, suivre le calendrier et le budget, organiser les validations, centraliser les retours du client et préparer les différents livrables.
Cette gestion de projet est moins visible que le tournage ou la post-production, mais elle assure la continuité entre toutes les étapes et permet à chacun de disposer des bonnes informations au bon moment.
Les droits et cessions sont probablement le poste le plus variable. Leur montant dépend des comédiens et voix off, des territoires concernés, de la durée d’exploitation, des supports de diffusion, des licences musicales ou encore de l’utilisation éventuelle d’images d’archives.
Une production destinée à quelques supports numériques n’aura donc pas la même structure de droits qu’une campagne internationale diffusée pendant plusieurs années.
Derrière un film publicitaire se trouvent de nombreux métiers : la production organise, le chef opérateur construit l’image, la régie fait fonctionner le plateau, le monteur donne son rythme au récit, l’étalonneur travaille les couleurs et le sound designer construit son univers sonore.
Ces compétences ne sont pas là pour complexifier inutilement une production. Elles sont mobilisées en fonction du niveau de résultat attendu, qu’il s’agisse d’un film pour une marque de luxe, d’une publicité ou d’un autre type de contenu de marque.
Le budget d’un film ne finance donc pas simplement une ou plusieurs journées de tournage. Il finance tout le processus nécessaire pour imaginer, préparer, produire et finaliser les images.